Voici mon premier texte que je poste sur mon blog et que j'ai écrit dans le but de participer à un concours dont le titre imposé était "Réceptacle de mots". C'est le premier qui me vient à l'esprit
pour éditer un texte que je peux considérer comme fini.
J'en suis fière.
En cette matinée de printemps, je parviens à l’endroit de mon rendez-vous, prévu de longue
date.
Je suis calme et en même temps si excitée de le revoir. Mon ami d’enfance. Les circonstances
de la vie nous ont éloignés, mais ne peuvent nous séparer.
Gaiement, j’entre dans le café. On se voit. Il se lève. On s’étreint un long moment pour
ensuite se regarder sous toutes les coutures, à se taquiner sur nos changements apparents. Nous discutons de tout, de rien, comme de vraies pipelettes lorsque tout à coup je m’arrête de parler,
saisie, et je le fixe. Je suis devenue sourde. Je n’entends plus les mots prononcés. Je ne comprends rien à ce qu’il me dit.
Je m’interroge. Je l’interroge. Enfin j’essaie !
Il me regarde l’air étonné, hausse les épaules et me fait comprendre par ses mains qu’il ne m’entend pas.
Pendant cette conversation muette, j’ai la sensation d’un départ, d’une fuite ; c’est
pourquoi je lève la tête et là, je vois mes mots s’envoler par la fenêtre de la terrasse. Avec ceux de mon ami.
Ni une, ni deux, après nous être questionnés du regard, nous les suivons sans les quitter
des yeux pour ne pas les égarer. Les mots, les nôtres surtout, sont trop importants pour être ignorés.
Nous sommes intrigués. Inquiets. Le souffle coupé, à courir derrière. Nos mots volent de
plus en plus vite. S’échapperaient-ils ?
Que se passe-t-il ? Que cherchent-ils ?
Nous ressentons un grand sentiment d’étrangeté, d’effroi presque. Nous sommes
perdus.
Sur leurs talons, nous passons par-delà les maisons, les rues, les quartiers, nous quittons
la ville.
Chemin faisant, d’autres mots – des étrangers – les rejoignent, d’autres de différentes
couleurs.
Et des gens les suivent. Comme nous. Intrigués. Inquiets. Perdus.
Quel silence tout à coup ! La tranquillité est angoissante tant elle est
rare.
Finalement, après cette poursuite éperdue par un chemin bordé de hautes herbes et
jalonné de corps humains épuisés à l’arrêt ou au ralenti, nous atteignons une clairière où se présente une grande boîte, à l’apparence de coffret à bijoux, haute de 3 ou 4 mètres, dans laquelle
les mots, nos mots, s’empressent de s’enfouir. A son côté, nous apercevons un amas de gens stoppés, visage levé, intrigués, inquiets. Toujours sans réponse. Mon ami et moi, au terme de notre
course folle, rejoignons et gonflons ce troupeau…
quand soudain s’élèvent des sons mélodieux, de la musique,… Singulièrement, nos mots sont transformés par cette immense boîte en une
musiq... une sonnerie stridente qui m’écorche les oreilles et …
qui me réveille brutalement.
Légèrement tremblante, j’appelle mes mots.
« Vous êtes là ? »
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