Lundi 23 juin 2008

Angéline


Marie-France arrive devant la porte. Cette porte. Enfin.
Une belle porte noire qui semble s’adresser à elle.
A sa vue, toute la crispation s’échappe en un souffle, et revient tout aussitôt, à la pensée d’Angéline.
 
Angéline. Ce nom, ce prénom tant recherché, qui lui a pris tellement d’efforts à trouver, ainsi que cette adresse. Cette femme vis-à-vis de laquelle elle ressent tant d’espérance et craint tant de désillusion.
 
Angéline, sa mère biologique. Cette femme qui, adolescente, a abandonné, laissé, déposé ce petit bébé parce qu’elle ne pouvait et n’était capable d’en prendre la responsabilité et le soin.
 
Angéline.
 
Pourquoi ?
Marie-France a besoin de savoir pourquoi, pourquoi elle n’a pas voulu d’elle, de savoir quelles en sont ses raisons précises.
 
Pourquoi ?
C’est comme une brèche dans sa petite enfance qu’elle voudrait combler, quelle que soit la réponse ; simplement pour qu’il ne reste plus cette question muette qui résonne dans sa tête depuis qu’elle a appris son adoption.
 
Ainsi, elle se trouve devant cet immeuble qui lui semble impénétrable ; elle qui appréhende d’y entrer et de se présenter à Angéline, sa mère biologique, de la voir, de lui parler.
 
Devant ses yeux, elle ne voit plus que cette porte obsédante qu’elle doit franchir.
 
Après un essai, Marie-France se rend compte qu’elle doit tout d’abord appuyer sur le bouton de l’interphone pour qu’Angéline accepte de la faire entrer, ce qu’elle veut éviter à tout prix. Elle n’est pas prête à ce que la première rencontre ne se passe pas de vive voix face à face.
 
Une chance de retarder l’inévitable se présente. Marie-France profite de l’occasion offerte par une habitante de l’immeuble qui rentre chez elle pour pénétrer dans le vestibule. Elle jette un coup d’œil à sa note où sont repris l’étage et le numéro d’appart qu’elle a pu collecter.
 
Le premier obstacle franchi, elle se concentre sur la montée d’escaliers des deux étages pour entretenir le calme incertain qu’elle a réussi à garder malgré ce moment d’attente angoissante, cette tension qui, malgré elle, augmente au fur et à mesure des marches parcourues.
 
Arrivée sur le palier, Marie-France atteint enfin le but de sa croisade. Après avoir repris contenance et sans perdre ce calme intérieur toujours vacillant, elle frappe à la porte.
 
Les coups portés résonnent au plus profond de son être ; tout s’agite dans sa tête puis se fige à mesure que la porte grince et s’ouvre lentement comme dans une bulle sourde.
 
Une personne apparaît. Une dame. Froide. Visage fermé ; bouche tirée.
 
De manière hésitante et trébuchant quelque peu sur les mots, Marie-France se présente et explique la raison de sa visite, à savoir qui elle est, qu’elle aimerait lui parler et apprendre à la connaître ou tout le moins connaître les raisons de son abandon.
 
Lorsqu’Angéline confirme son identité, Marie-France, le cœur battant, ouvre son cœur et lui offre un sourire radieux mais qui disparaît au fur et à mesure de la suite des paroles d’Angéline. Cette dernière lui assène qu’elle ne souhaite pas la connaître, la rencontrer. Elle a sa vie, une vie où Marie-France n’a pas sa place et elle a fait son choix il y a longtemps. Elle ne souhaite par revenir dessus. A ces mots prononcés d’une voix extrêmement sèche et sans hésitation possible, Angéline dit adieu et lui ferme la porte au nez.
 
Hébétée et sans voix, Marie-France reste un moment sur le pas de la porte. Aucune hésitation, aucune émotion, aucun sentiment n’a transparu dans la voix d’Angéline.
Rien.
 
Marie-France repasse dans sa tête toute la rencontre au ralenti en même temps qu’elle rebrousse lentement et machinalement son chemin. Rien. Aucun des mots entendus ne peuvent la rassurer et lui portent une fois encore un coup au cœur, ce cœur fragilisé par Angéline.
 
Rien. Ce mot lancinant la poursuit au café voisin où elle s’est réfugiée au gré de ses pas perdus à la sortie de l’immeuble.
 
La déception est immense, son cœur anesthésié, momentanément. Toutes ces émotions la débordent. Elle téléphone alors à Cathy, sa maman, sa vraie maman, sa maman adoptive, pour y trouver du réconfort.
 
Cette dernière, à son appel, abandonne son activité en cours et va rechercher sa fille perdue qu’elle va consoler, apaiser.
 
En somme, elle remplit son rôle de vraie maman, comme elle l’a toujours fait jusqu’à maintenant.

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sophie

par sophieat2004 publié dans : Imaginair communauté : Imaginair - Atelier d'écriture
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Mardi 13 mai 2008
Et voici mon dernier petit texte écrit dans imaginair, toujours sur le même thème; ce texte est très court.


Dans la pénombre de la chambre, sur le petit lit, deux corps déliés se touchent, se frôlent, s'explorent, s'ébattent, se lèchent, se griffent et s'endorment enfin, épuisés et repus.
 
Au petit matin, le soleil y découvre deux petits corps régénérés, Catchounette et Minou, les deux petits chats de la maison.
par sophie publié dans : Imaginair
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Mardi 13 mai 2008
aussi un autre de mes préférés d'imaginair
sur le même thème que le précédent



" Oui. ", criais-je. « Oui. Je descends chercher le vin. »
 
Je prends mon courage à deux mains et j’ouvre la porte de la cave tout doucement. Elle crisse en frottant sur le sol.
 
Un frisson me parcourt le dos.
 
Je me relance et d’un pas hésitant, j’emprunte l’escalier qui s’ouvre à moi. La bouche de l’enfer. Noir. Sombre. Même la lampe ne parvient pas à me rassurer. L’ampoule légèrement usée clignote de manière répétitive et obsédante.
 
Ces sensations sont assez effrayantes. Je déteste y aller. Lorsque je l’explique à mon mari, il me prend pour une folle. Il ne se rend pas compte de ma frayeur.
 
Je pénètre enfin dans ce trou sombre qui m’engloutit, m’absorbe. Les marches me donnent le roulis, deviennent mouvantes, vivantes. Elles ondulent sous mes pas. Ma tête tourne et mon corps balance de gauche à droite. Je m’accroche frénétiquement à la rampe.
 
Arrivée en bas, regard baissé, je pousse un grand soupir de soulagement. Je redresse mes épaules, je tends mon corps arc-bouté et je redresse la tête. Là, je me pétrifie.
Cet antre noir, sombre, « La bouche de l’enfer », m’attend.
 
J’ai l’impression d’être Indianette Jones, l’aventurière, avec une mission à remplir. Rapporter le trésor. Rapporter le vin. Appelez-moi Indi. Au plus fort de la tempête, je serai là. Contre vents et marées. Rien ne me résistera.
 
Après ces encouragements prometteurs, j’avance de deux pas. Au fond de la cave, une mare d’eau stagnante commence à gonfler, à s’enfler et, par vagues, se rapproche avec fracas. Le vent siffle, l’eau gicle et me traverse. Pantelante et tétanisée par cette vision, je reprends mon souffle un instant.
 
Quelques forces reprises, j’avance. Je sens la terre qui bouillonne, qui chauffe, qui se craquelle, qui veut se lever, s’élever, s’élancer. Ma tête tourne. Ma tension est à son comble et mon corps en surchauffe. Une goutte de sueur roule sur mon front et crépite.
Je serre les poings et j’avance résolument jusqu’au centre de la pièce.
 
Là, je sais, je sens, je ressens des mouvements. A gauche. A droite. Au plafond. Par terre.
Je perçois un mouvement au plafond. Des « choses » commencent à suinter, à sauter, à tomber. Des vers. Des petits vers grouillants qui tombent et tressautent à la pelle. Sur moi. Sur mes cheveux, mes épaules.
 
L’obscurité m’envahit l’esprit. La lassitude s’empare de mon corps. Je n’en peux plus. Je souffle. Souffle court. Epaules baissées. Dos voûté. Gouttes de sueur au front. Poings fermés. Pointes de pieds recroquevillées.
 
Je n’en peux plus.
 
Mon corps explose. Réagit. Bouge. Il prend la première bouteille de vin à portée de main et retourne vers la délivrance. L’escalier, la porte, le pas-de-porte.
 
Porte refermée.
Bouche de l’enfer close.
 
Le soulagement envahit entièrement mon corps et mon esprit. Je m’assieds, je m’affaisse. Je souffle.
 
Finalement, reprenant contenance, je retourne au salon ma précieuse bouteille de vin à la main et la bouche en coeur.
par sophie publié dans : Imaginair
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Mardi 13 mai 2008
Suite de la mise à jour, c'est un de mes préférés;
je me suis basée aussi sur l'idée de la photo pour l'écrire


Une ombre se dessine à la moitié de la grotte. Un homme.
 
A la vue du soleil toujours présent à l’extérieur, il s’exclame, enragé : " Je ne peux sortir me sustenter. Le soleil me nargue. "
 
Il sent sa faim se réveiller, s’allumer, s’imposer. " J’ai faim. " Malheureusement, il doit attendre que la nuit se lève. La nuit où il pourra chasser….
 
" Que ne puis-je sortir ! " s’exclame-t-il encore. " Aller de l’avant, traquer ma proie, ma victime. La choisir. La sentir. La cueillir et la faire attendrir par une onctueuse peur rejaillissant de tous les pores de sa peau. Son cœur commencera à battre. Battre. De plus en plus fort. S’accélérer. Le souffle court. Ses veines commenceront à jaillir, à pulser. Pulsation intense, extrême. Désir. L’odeur métallique, l’odeur du sang qui circule dans tout son corps pour arriver à la veine du cou, si attirante et si magnétique.
 
Par mon pouvoir, je l’attirerai près de moi et ma proie m’offrira son cou, tendre et fragile, auquel je boirai de toute ma soif, et de toute ma faim. "
 
A ces pensées, ses gencives commencent à se retrousser, sa bouche s’entrouvre et sa langue passe lentement le long de ses dents, courtes et longues. De la salive commence à passer entre celles-ci. Il entre dans une transe de soif dévorante.
 
Quand, soudainement, il sursaute, entrouvre les yeux laissant apparaître un regard intense, fixe qui se détend peu à peu.
 
Un sourire narquois, et guilleret en même temps, éclôt sur ses lèvres.
 
A un moment, il se détourne, pénètre à l’intérieur de l’obscurité la plus profonde de la grotte et s’enfonce de plus en plus à l’intérieur de celle-ci.
 
Etrangement, on l’entend alors chantonner lentement : " Une souris verte… "
par sophie publié dans : Imaginair
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Mardi 13 mai 2008
Voici la mise à jour des texte écrits précédemment dans l'atelier d'écriture Imaginair




La fragilité est une caractéristique de l’être humain atteint en lui-même en plein cœur, ce qui n’arrive pas quand ce dit coeur est gelé.
 
La fragilité offre des horizons, des visions non encore explorées. Elle épure l’environnement immédiat de l’être atteint. Tout élément extérieur indifférent au malheur de la fragilité s’évanouit petit à petit de l’entourage du malade.
 
Le malheur peut arriver à tout endroit et à tout moment, pour toute raison, idiote ou importante.
 
Une conclusion s’impose : profiter du moment présent. Nous ne savons pas de quoi sera fait le lendemain.
 
Evidement, il faut aussi avoir les possibilités pour profiter du moment présent qui s’offre à soi.
 
A défaut, l’adaptation devient indispensable au bonheur quotidien.
 
Cependant, n’oublions pas. Si l’on est atteint par la fragilité, c’est que notre cœur est bien ouvert.
 
par sophie publié dans : Imaginair
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Mardi 13 mai 2008
voici un texte sur le même thème écrit par après; je me suis surtout inspirée de la photo



Dans la clarté pâle du matin
Accompagné d’une rosée fraîche
Et sous un bosquet d’arbres
 
Regard d'un enfant,
regard de l'innocence
normalement.
 
Regard de lassitude,
de déjà-vu,
que plus rien ne surprend.
 
Aucune envie,
yeux vides et mornes,
qui nous étonnent,
 
nous effraient
de leur noire profondeur
et de la "non-innocence".
 
Aucun sourire à la commissure des lèvres,
aucune joie dans le visage
frais et pur de l’enfant.
 
Rien,
pas même un chaton,
un bonbon, un jouet,
n’arrive à l’illuminer.
 
Posture figée
sans attente
sans impatience.
 
Il est là tout simplement,
sans raison
et sans curiosité.
 
Solitude frappante.
 
Visage fermé,
regard vide,
froid intense
 
qui nous glace
instantanément
et nous tue en notre âme.
par sophie publié dans : Imaginair
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Mardi 13 mai 2008
Voici une participation au thème 1 de l'atelier d'écriture imaginaire de quelques années. C'était mon premier texte.
Vous pouvez aussi le trouver sur le site d'imaginair (voir lien).



Les yeux bleux de l'enfant regardent dans le vide,
regardent le vide,
mais néanmoins le plein intérieur.
 
Il ne voit rien,
croit-on!
 
Lui,
il regarde,
contemple son monde
imaginaire.
Il entend la mélodie,
les notes qui s'écoulent lentement
dans le silence
le silence passé, perdu.
Le silence s'est remplit
de notes qui flottent dans les airs
et qu'il peut admirer
avec sa vision d'enfant.
 
Que voit-il?
 
A part lui, nul ne le saura,
il n'entend,
ni ne voit
le monde extérieur.
 
Il est resté dans sa bulle,
dans sa vision imaginaire.


par sophie publié dans : Imaginair
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Présentation

  • : Bienvenue dans mon blog d'écriture et de dessins (et autres) que je vous invite cordialement à venir découvrir sans plus attendre. Sophie
  • sophieat2004
  • : haikus dessin écriture pastel aquarelle rever
  • : Ce blog me permet de participer à une communauté consacrée à l'écriture. Il vous permet également de lire mes textes à qui le désire. Bienvenue à vous. Mon envie est de vous montrer ce que j'ai écrit, que vous le lisiez et que vous me disiez si vous avez aimé ou pas, ou autre genre de commentaire; d'échanger en somme. Je vais aussi joindre des dessins, peintures que j'ai faites. Je dois d'abord bien les photographier. En premier aperçu, mon avatar ci-dessus est une de mes aquarelles. sophie
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